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 [-17 ans] Girl you are a beauty well I am a beast [PV Mer']

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MessageSujet: [-17 ans] Girl you are a beauty well I am a beast [PV Mer']   Jeu 1 Déc 2011 - 21:29

A NE PAS TENIR COMPTE, REMANIEMENT PREVU A MON RETOUR

(PROMIS JTE LAISSERAIS BRULER LE MANOIR JOYCE AVEC DES POUPEES VAUDOUS DES FRERES Rolling Eyes )



Dernière édition par Sade Joyce le Lun 5 Déc 2011 - 8:44, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: [-17 ans] Girl you are a beauty well I am a beast [PV Mer']   Ven 2 Déc 2011 - 22:55

    Comment ce mot s'était retrouvé glissé au milieu des polycopiés qu'elle avait prévu de distribuer à ses étudiants en cette dernière heure de cours ? Elle n'en avait pas la moindre idée, et n'était d'ailleurs pas certaine de vouloir le savoir. Toujours était-il que lorsqu'elle naviguait dans les allées pour répartir les feuilles, ce pli avait voleté, finissant par terre. Un élève bien ou mal intentionné s'en était immédiatement saisi, et elle l'avait récupéré en reconnaissant, de loin, l'écriture, le papier s'étant déplié dans sa chute. Le sourire de l'enseignante s'était figé, en cet instant. S'ils le remarquèrent ? Sans doute, vu le peu de chahut qu'il y eut pendant cette dernière heure, qui était pourtant celle où l'attention des élèves était la moins forte. Pâle, elle avait fini de distribuer ses copies, avant de retourner à son bureau pour déplier de nouveau la missive. Le message était clair, succinct, précis. Ses doigts froissèrent la feuille et ses doigts soudain nerveux enfoncèrent le message dans le fond de sa poche, sans même penser un instant à la corbeille à papiers, pourtant à côté de son bureau. Il n'était pas question que ses étudiants tombent dessus. Pas plus que la personne chargée du ménage. Ou quiconque. Ce sourire, ce fameux sourire accroché aux lèvres, elle finit son cours, pointant les mots qu'elle avait écrit au tableau d'un doigt qu'elle s'efforçait de garder ferme, exposant les arguments principaux de la défense de Macbeth d'une voix égale. Ses yeux faisaient des allers-retours sur la pendule de sa classe. Comment se faisait-il que le temps, semblant parfois si long, s'échappait dès que le souhait d'en passer plus à un endroit surgissait ? Les aiguilles, lancées dans une course folle, semblaient se moquer de la pauvre miss Keating, qui était sur le point de craquer. Et, bien trop tôt, la fin de l'heure fut là. La fin de sa journée aussi. Et le début d'autre chose. De longues heures, sans le moindre doute, à moins que ce soir tout ceci ne se chiffre qu'en minutes, en instant épars mais déjà suffisamment intenses. L'espoir faisait vivre ? Meredith n'en avait plus. Elle savait pertinemment ce qui l'attendait.

    Sortant de l'établissement, elle répondit distraitement aux salutations de ses collègues, refusant une invitation à boire un verre pour cause de trop grande fatigue. Son esprit était ailleurs, déjà, malheureusement. Il avait ce pouvoir sur elle … Même sans être là. Il pouvait se contenter de se rappeler à elle, de lui faire se souvenir qu'il n'était jamais loin, et que d'un claquement de doigts, il pouvait être soudain proche, très proche, trop proche, et qu'elle n'avait pas son mot à dire. Ombre planant sur ses journées, qu'elle s'efforçait d'illuminer comme elle le pouvait, y parvenant même quand d'aventure il lui laissait quelques jours de répit, il savait qu'elle ne pouvait pas lui échapper. Alors il se contentait de la convoquer, comme bon lui semblait, comme une simple domestique. Une marionnette, pensait-elle en s'engageant dans une rue parallèle, enfonçant son doux visage dans le foulard fleuri qu'elle portait ce jour-là. Un pantin, suspendu à des fils, avec lesquels il jouait, sans vergogne. Son instinct de survie lui aurait bien hurlé de faire demi-tour, de partir en courant, mais il était fermement tenu en laisse et muselé par sa certitude que cela ne servirait à rien. Ce qui ne lui empêcha pas un long frisson d'appréhension, de dégoût lorsqu'elle approcha de la demeure. Le souvenir du jour où elle l'avait vu comme étant possiblement le décor d'un nouveau départ, d'une nouvelle histoire lui revint, et elle dut battre des cils pour rester de marbre. De marbre blanc, certes, ayant perdu toute couleur depuis la lecture de la missive, mais de marbre. Son visage n'exprimait rien, rien d'autre qu'un brin de résignation, peut-être. Ses yeux pouvaient certes la trahir, mais ils étaient dissimulés dans l'ombre de ses longs cheveux blonds, qui lui servaient de rempart contre le monde extérieur. Et surtout contre ce qui l'attendait.

    Chaque pas était douloureux, l'impassibilité du « majordome », qui n'en était pas un, également. Le hall, immense et froid, qui lui avait un jour paru solennel, mais rassurant. Comment avait-elle pu être sotte à ce point ? Comment n'avait-elle pas pu sentir toute l'essence néfaste qui s'en échappait ? Tout ici semblait suinter le vice, la violence, l'horreur. Comme les choses changeaient dans les yeux de quelqu'un qui savait. Un homme, qu'elle voyait souvent, Lloyd, la fit changer de pièce. Immense, ressemblant à une salle à manger, peut-être. Peut-être pas. Elle s'était coupée de son environnement, de ce décor dont elle ne cauchemardait que trop. Il lui parla, sans doute, elle répondit, c'était probable, mais elle n'aurait su l'affirmer. Elle se mit en mouvement, sans véritablement savoir ce qu'elle était supposée faire. Le message disait de venir. Elle était là. Pour la suite, ça ne dépendait que de lui. Lui qui ne tarderait sans doute pas à arriver. Elle se sentait déconnectée, et s'en rendit compte alors qu'elle s'était finalement approché de la fenêtre. Son monde basculait à chaque fois, comme si deux réalités parallèles cohabitaient, s'entremêlaient, de façon imprévisible, impromptue. Et soudain, il fut là. Elle ne l'avait pas entendu, elle ne savait même pas depuis combien de temps il était dans la pièce, ou s'il venait juste d'y entrer. Elle savait, c'était tout. Fermant les yeux, elle tenta de puiser du courage dans ce qu'il lui restait de volonté. Il le fallait, maintenant, avant qu'elle ne se retourne vers lui et qu'il n'y ait plus rien. Ses lèvres se décollèrent, sa bouche était tellement sèche qu'elle fut surprise qu'un son en sorte. Sade ... Un prénom. Et tellement plus. Tu voulais me voir ? Elle ne lui faisait toujours pas face, tentant toujours de se rassembler, tant qu'elle le pouvait encore ...
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